Politique et religion, 1640-1800

À la veille de la guerre civile de 1642, la sympathie pour la cause royaliste est grande au Pays de Galles. Mais les parlementaires trouvèrent également des adhérents parmi certains propriétaires terriens, comme Robert Devereux, 3e comte d’Essex, et Thomas Myddelton, ainsi que parmi des individus acquis à la cause puritaine, comme l’écrivain Morgan Llwyd et le soldat zélé John Jones de Maesygarnedd. Cependant, c’est principalement dans les comtés frontaliers et dans le Pembrokeshire que l’influence puritaine et les contacts commerciaux ont permis de gagner le soutien de la cause parlementaire. L’imposition du pouvoir parlementaire au Pays de Galles et le séquestre des biens des royalistes suscitèrent du ressentiment, et les missionnaires puritains se retrouvèrent à travailler dans ce qu’ils croyaient être un coin sombre du pays. L’Acte pour la propagation de l’Évangile au Pays de Galles (1650) a mis en place une autorité coercitive englobant à la fois la vie politique et religieuse, mais l’intervention de l’État est restée largement improductive.

Néanmoins, l’Interrègne a vu la formation de congrégations dissidentes, qui allaient jeter les bases de certaines des influences durables de la vie galloise moderne. Les plus radicaux étaient les Quakers qui, faisant une percée particulière dans le Montgomeryshire et le Merioneth, ont pénétré non seulement le territoire frontalier anglicisé mais aussi le cœur des zones de langue galloise. Suscitant l’animosité des hommes d’église et des autres dissidents, ils sont réprimés avec une sévérité que seuls les catholiques romains connaissent et sont contraints d’émigrer en grand nombre vers la Pennsylvanie. D’autre part, de petites églises rassemblées de congrégationalistes et de baptistes, dont la théologie était calviniste et dont la croyance et la conduite personnelle étaient régies par un code strict exposé dans leur pacte ecclésiastique, ont établi la tradition dissidente au sein des communautés rurales et des petites villes.

Au 18e siècle, le méthodisme est devenu une influence nouvelle et puissante. Lancé par un mouvement de réveil d’une grande intensité dans les années qui ont suivi 1735, le méthodisme a été soutenu au sein de l’église établie par le biais de sociétés locales et d’une association centrale. Cependant, les influences combinées de l’ancienne dissidence et du nouveau méthodisme ont fini par transformer l’adhésion religieuse du peuple gallois au détriment de l’église établie. Bien qu’elle soit servie par d’innombrables hommes d’étude et de dévotion, dont Griffith Jones, dont les écoles itinérantes ont contribué de façon incommensurable à la croissance de l’alphabétisation, l’église était en proie à la pauvreté et à une direction inadéquate. Ainsi, la sécession méthodiste de l’église anglicane rendit inévitable le triomphe ultime du non-conformisme.

Le méthodisme et la dissidence n’étaient pas les seules influences à l’œuvre dans le Pays de Galles du XVIIIe siècle. La résilience d’une culture autochtone ne pouvant plus dépendre des sources traditionnelles de mécénat se manifestait par une ferveur patriotique visant à préserver un patrimoine culturel menacé par l’anglicisation progressive. Bien que ses partisans se soient appuyés sur les réalisations scientifiques galloises, notamment celles d’Edward Lhuyd, le Pays de Galles ne disposait pas d’institutions académiques capables d’évaluer de manière critique le travail des antiquaires romantiques qui se tournaient vers le mythe celtique et le druidisme britannique. Pourtant, malgré ses lacunes, le mouvement culturel du XVIIIe siècle a été une expression importante de l’ingéniosité d’une société préindustrielle pour protéger son patrimoine. L’une de ses figures de proue était Edward Williams (Iolo Morganwg), dont les efforts englobaient un vaste éventail d’études littéraires et historiques et qui représentait également le radicalisme politique inspiré par la Révolution française. Les convictions radicales n’étaient portées que par une petite minorité, certains excentriques et d’autres expatriés distingués, mais leurs efforts ont marqué une étape importante dans l’émergence d’une conscience politique spécifiquement galloise.

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